LA VIE QUI M’ATTENDAIT de Julien Sandrel ★★★★☆

Description:

Romane est médecin. Pourtant, elle a peur « des araignées, des serpents, de toutes les bestioles qui piquent, mordent ou grattent, du paludisme, de la dengue, du chikungunya, de la rage, de la grippe aviaire, d’être enlevée par une organisation mafieuse, de faire un infarctus loin d’un hôpital de premier rang, de mourir déshydratée à cause d’une simple dysenterie. »

Romane a 39 ans. Mais elle « s’exprime comme une vieille, vit comme une vieille, elle ne discute qu’avec des vieux. Elle est vieille. Vieille et seule, voilà le résumé de sa vie. »

Sauf que. Ce résumé, c’était avant la visite de Mme Lebrun dans son cabinet médical. Avant que sa vieille patiente ne lui dise qu’elle l’a vue sortir d’un hôpital à Marseille. Mais Romane n’était pas dans la cité phocéenne. Elle était chez elle. Qui était là-bas ? Qui lui ressemble ? Pour le savoir, elle prend son courage à deux mains et entreprend une traversée de la France qui va tout chambouler dans sa vie. Certainement pour le meilleur. Forcément pour le pire.

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MON AVIS:

Il y a les périodes où on enchaine les navets en lecture et celles où on enchaine les pépites, comme actuellement! (pourvu que ça dure).

Que dire sur ce livre?

On commence avec un air de déjà-vu. On a déjà lu ce genre d’histoire, « Oh non » on se dit qu’on aurait du prendre un autre livre, on devine déjà la fin de l’histoire et on roule des yeux à en perdre quelques calories…

et puis on se rend (vite) compte qu’on se trompe sur toute la ligne.

Ce n’est pas un thriller mais on tourne les pages pour connaître la suite, on se dit enfin qu’on a compris mais on se trompe encore, jusqu’à la fin.

L’auteur (dans sa mansuétude) nous donne des indices au fur et à mesure du récit, et on regrette presque de se faire spoiler, mais c’est toujours donné en temps et en heure.

Juste ce qu’il faut pour nous faire cogiter, questionner.

Mais mais! Ce n’est pas tout.

Ce livre m’a fait pleurer, oui pleurer. Je peux compter sur le bout des doigts les histoires qui m’ont arraché quelques larmes (sans compter les films Bollywood) et celui-ci en fera désormais partie.

Je ne peux trop en dire sans révéler de précieuses informations sur l’histoire mais je dirais que c’est une lecture qui nous donne envie d’aimer la vie, telle qu’elle est, avec ses hauts, ses bas, ses miracles et ses catastrophes.

Peut-être que ce livre m’a touché car je me suis retrouvée en Romane, parfois, en son père, à d’autres moments.

Des petites anecdotes aussi par rapport à la littérature qui m’ont bien plu ; )

Je finirais en ces mots:

C’est l’histoire d’une mère.

C’est l’histoire d’un père.

C’est l’histoire d’une fille.

C’est l’histoire d’une soeur.

C’est l’histoire d’une vie.

A consommer sans modération.

UNE BONNE ÉPOUSE INDIENNE de Anne Cherian ★★★★☆

Description:

Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu un brillant anesthésiste dans un grand hôpital de San Francisco, il n’échappera pas à un mariage arrangé – une tradition presque immuable en Inde.

Au cours d’un bref voyage pour voir sa famille, le piège se referme et le voilà lié à Leila, qu’il n’a vue qu’une seule fois. Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente, mais il n’en veut pas.

Il préfère, de loin, son explosive maîtresse californienne. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Leila va attendre son heure et, sans bruit, sans drames, sans scènes, réserver à son époux bien des surprises.

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MON AVIS:

Ce n’est pourtant pas mon genre de lecture habituel, mais ce livre m’a bel et bien embarqué!

Beaucoup de thèmes sont abordés dans ce roman, le mariage, l’adultère, les mariages arrangés, l’émancipation de la femme, et encore d’autres que je ne dévoilerais pas de peur de spoiler.

Bien que l’histoire se passe en ‘Amerrrrique’, l’Inde est présente à chaque page, avec ses valeurs, sa culture et sa cuisine.

L’auteure ne fait ni l’apologie, ni le procès des mariages arrangés, c’est un regard neutre et objectif sur une institution qui n’est en fait pas si différente de certains procédés modernes.

Les personnages sont plutôt attachants, surtout Leila. Je trouve que l’auteure nous permet de vraiment vivre ses pensées et ressentir ses émotions.

On ne peut qu’essayer de se mettre à sa place, mais parfois les solutions qui nous viendraient à l’esprit ne sont pas toujours les meilleures. Ce roman soulève des questions très profondes comme le fait de respecter choix qui nous paraît insensé. Est-ce qu’empêcher une femme de décider de son sort même s’il nous paraît terrible est une entrave à sa liberté? Avons nous le droit de choisir à la place de quelqu’un, simplement parce que certains choix vont à l’encontre de nos croyances, nos libertés, et tout ce qu’on croit connaître?

En ce qui concerne Neel (Suneel) on l’aime ou on le déteste, mais je dirais que tout n’est pas blanc ou noir, et si l’on prenais la situation d’un autre point de vue (par exemple si les genres étaient inversés), je pense qu’on aurait plus d’empathie.

Je ne peux pas dire que le roman m’a tenu en haleine dès le départ, mais j’ai quand même eu du mal à le fermer une fois que j’étais rentrée dans le vif du sujet.

TOUTES LES COULEURS DE LA NUIT de Karine Lambert ★★★★☆

Description:

Le diagnostic est irrévocable. D’ici trois semaines, Vincent aura perdu la vue. Confronté à son destin, ce prof de tennis de trente-cinq ans qui avait tout pour être heureux expérimente le déni, la colère et le désespoir.

Comment se préparer à vivre dans l’obscurité ? Sur qui compter ? Alors que le monde s’éteint petit à petit autour de lui et que chaque minute devient un parcours d’obstacles, il se réfugie à la campagne où il renoue avec ses souvenirs d’enfance. Les mains plongées dans la terre, Vincent se connecte à ses sens, à l’instant présent et aux autres. Il tente de gagner le match de sa nouvelle vie.

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MON AVIS:

Une petite vague de fraîcheur!

Je ne suis ni feel-good, ni romance, mais là j’avoue que ce livre fait du bien.

C’est un sujet lourd traité avec légèreté.

Qui ne s’est jamais demandé ce que ça ferait d’être aveugle? Qui n’a jamais eu peur dans le noir de marcher à tâtons et de se demander ce qu’on ferait si toute notre vie ressemblait à ce moment?

Dans ce roman, on accompagne Vincent dans la perte de sa vue, mais pas seulement, car quand on devient aveugle, bien évidemment c’est tout un lot de mésaventures qui l’accompagnent.

Comment accepter cette nouvelle vie, renoncer ou se battre? Accepter ou se résigner? Vivre ou survivre?

J’ai aimé les interludes de l’auteure, où au lieu de trouver des citations et des proverbes, on retrouve les questions que l’on s’est déjà posé ou qu’on voudrait poser maladroitement ou non.

J’ai trouvé qu’il n’y en avait ni trop ni pas assez, c’est réaliste, c’est touchant, et le plus important, ça fait réfléchir. De plus, la relation avec le grand-père apporte une touche de sagesse au récit.

Un vrai roman de vacances à glisser dans sa valise!

TROUBLE PASSAGER De David Coulon ★★★☆☆

Description:

Le monde se divise en deux catégories : bourreau et victime. Tu es l’un et l’autre, l’un puis l’autre.

Rémi Hutchinson est écrivain, un livre qui a plus ou moins bien marché, depuis il tente d’écrire LE best-seller.

Pas facile lorsque l’on se remet de la disparition de sa fille…

Il met le doigt dans un engrenage et tombe dans un piège. Il est séquestré par une gamine victime d’un pédophile, et devenue bourreau. Bourreau qui l’accuse.

Pourquoi lui ? Pourquoi le prendre pour un tel monstre ?

Rémi est absorbé dans une spirale infernale, arrivera-t-il à s’en sortir ?

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MON AVIS:

Un page turner qu’on a du mal à lâcher tant qu’on ne connaît pas le pourquoi du comment.

Une écriture plutôt originale, sans fioritures.

C’est sec et direct, ce qui rajoute un peu au rythme assez angoissant du récit.

Il y a quand même quelques bémols.

Je trouve que ce roman manque cruellement de profondeur. On ne s’attarde pas du tout sur certains personnages, pourtant assez importants, comme Lucie ou Mélissa. On ne connaît pas leur personnalité ni leur point de vue. L’auteur ne nous fait voyager qu’à travers l’esprit de Rémi, et c’est bien dommage.

Pour ma part j’avais deviné la fin, malheureusement, mais ça reste un bon thriller.

Je rajouterai qu’on parle quand même d’un sujet tabou, la pedophilie, et des bas-fonds du Darknet. Cette histoire pourrait être inspirée de la réalité que ça ne m’étonnerait guère.

En bref, je dirais que c’est une petite lecture sympa, un thriller “emballé-c’est pesé” mais qui reste difficile à fermer.

LETTRE AUX ESCROCS DE L’ISLAMOPHOBIE QUI FONT LE JEU DES RACISTES De Charb (Dessinateur de Charlie Hebdo, assassiné en 2015)

Description:

 » Non, vraiment, le terme islamophobie est mal choisi s’il doit désigner la haine que certains tarés ont des musulmans. Il n’a pas seulement mal choisi, il est dangereux.  »

 » Lutter contre le racisme, c’est lutter contre tous les racismes, alors lutter contre l’islamophobie, c’est lutter contre quoi ? Contre la critique d’une religion, ou contre la détestation des gens qui pratiquent cette religion parce qu’ils sont d’origines étrangères ?  »

Ainsi cet opuscule salutaire tente-t-il démontrer que le mot  » islamophobie  » contente à la fois les racistes, les islamistes radicaux et les journalistes fainéants.

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MON AVIS:

Eh oui, j’ai osé. J’avais connaissance depuis longtemps de l’existence de cet ouvrage mais je ne cacherai pas que j’avais jamais ressenti, ni l’envie, ni le besoin de le lire.

Mais récemment, je me suis demandé comment pourrait-on attendre des « autres » qu’ils ne s’arrêtent pas à la surface, qu’ils fassent leur propres recherches et leur propres jugements au lieu de se contenter de ce que les médias leur font gober, si on ne le fait pas nous-mêmes?

Alors voilà j’ai décidé de le lire avec un point de vue objectif.

Que voulait-il nous dire? Quelles étaient les réelles pensées de celui qui a défrayé la chronique et s’est fait haïr au point de se faire tuer?

Haïssait-il réellement les musulmans? Les caricatures servaient-elles seulement à ridiculiser l’Islam et humilier les croyants?

En fait c’est ce que je pensais.

Mais à la lecture de ce livre, j’en suis moins sûre.

Bien entendu, je ne suis toujours pas Charlie et je ne soutiendrai jamais leur cause, ni pardonnerai leur blasphème caricatural.

Mais que peut-on réellement attendre d’une personne qui n’adhère pas à nos croyances?

Ce que je voulais savoir, c’était ce à quoi il faisait allusion quand il disait que le terme islamophobie était erroné.

Et certaines lignes sont assez pertinentes, car il vrai qu’en France, c’est surtout et encore les étrangers qui sont diabolisés, non pas l’Islam.

Pour faire court, les gens détestent l’Islam car il a été apporté par des étrangers (majoritairement d’origine maghrébine) et non pas le contraire.

La preuve, les gens ne pensent qu’a l’Afrique du Nord quand on parle d’Islam.

Alors que ces pays sont minoritaires!

Dans ce livre, Charb accuse clairement les médias d’avoir créé et ensuite alimenté ces amalgames en augmentant un racisme déjà existant, caché sous la couverture de haine de l’Islam.

La populace a appris à détester l’Islam car ils détestaient déjà les arabes.

Et moins on les voyait, mieux c’était.

Mais maintenant qu’on les voit sortir de partout, avec leur voiles sur la tête, leur burka et leur qamis, c’est un rappel constant qu’ils sont là! Et partout! Et les médias qui en rajoutent une couche « Envahissement » « Europe musulmane » « Attentats islamistes » et toujours les mêmes sur le devant de l’affiche, des maghrébins.

Il suffit de regarder la situation similaire aux États-Unis. C’est le racisme anti-noir qui domine, et pourtant la majorité n’a rien à voir avec l’Islam.

Ce n’est pas une question de religion car en vrai les gens s’en foutent de savoir comment et qui vous priez. Mais ce qu’ils regardent c’est la tête de celui qui prie et ça c’est une réalité.

En définitive, je ne dirais pas que je suis d’accord avec tout ce qu’il dit mais il a marqué un point. Et encore une chose, j’étais étonnée de connaître les messages que « lui » voulait faire passer au travers de ses caricatures, messages complètement déformés par les médias.