LA DÉCHIRURE de Hela Ouardi ★★★☆☆

Description:

Hela Ouardi décrit la succession du Prophète, qui se joue lors d’un conclave dans la Saqifâ à Médine. Une lutte politique pour le pouvoir, entren les Émigrants venus de La Mecque, et les Ansars, les auxiliaires qui l’ont accueilli et protégé avec ses compagnons à Médine.

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Avertissement: Bien que l’auteure clame tirer ses sources uniquement de faits historiques avérés, il faut savoir qu’elle comble les trous de façon romancée et que ses sources viennent à la fois de la tradition sunnite mais aussi chi’ite.

Mon avis: J’ai voulu lire ce livre en conséquence de cause parce que c’est un sujet qui m’intéresssait et je voulais voir si l’auteure était vraiment neutre dans son écriture comme elle le clamait.

Mais il en est tout autre, c’est une lectire qui peut s’avérer dangereuse si on n’est pas soi-même connaisseur du sujet ou si on ne fait pas ses propres recherches pour démêler le vrai du faux.

Une chose pour laquelle l’auteure dit vrai, c’est que ces faits sont un peu occultés dans la communauté, je trouve qu’on passe un peu sous silence les origines des dissensions entre musulmans et les causes de cette fameuse « déchirure » qui a engendré la naissance des chi’ites, et par conséquent des sunnites.

On ne peut nier les faits qui ont causé les multiples tragédies qui suivirent, comme les assassinats des 3 sur 4 califes bien guidés. On ne peut nier non plus la colère de Fatima Radiallahu Anha contre Abu Bakr par rapport aux terres de Fadak.

Mais la science des hadiths est très complexe, et on ne peut se permettre de puiser à droite à gauche des récits qui sont parfois de source faible voire fausse et d’en faire une histoire détaillée.

Et c’est la ou cette lecture peut être dangereuse, car l’auteure nous emmène dans un terrain où elle dépeint des personnages illustres, des compagnons promis au Paradis d’une manière très humaine, négativement parlant, et elle essaye de ternir cette image.

Je dirais donc que j’ai apprécié de vivre ces moments importants qui restent passionnants, et j’avoue qu’on a l’impression d’y être ce qui ajoute à l’émotion intense que cela procure. Mais le malaise vient vite quand on sait que ce que l’ont lit est faux ou carrément exagéré.

C’est pour cela que je ne sais pas si je continuerai la série car ça se résumerait en une perte de temps.

Je préfère me tourner vers un récit fiable même s’il est moins détaillé et moins passionnant.

Mais je ne regrette pas cette lecture car elle m’a poussé dans mes recherches et cela m’a fait comprendre le climat politique de l’époque et les différents partis qui s’opposaient avec des arguments frappants.

Retour à l’E-sens-ciel de Myriam Lakhdar-Bounamcha ★★★★☆

Salam Alaykoum 👋🏼

J’ai fini ma lecture de Retour à l’E-sens-ciel de Myriam Lakhdar-Bounamcha et je viens vous faire mon petit retour comme promis.
Alors avant de rentrer dans le vif du sujet il faut que je précise 2,3 petites choses.

Premièrement, il faut savoir que l’auteure est soufi et cela influence bien évidemment ses pensées et son écriture. Disons qu’il faut juste garder ça dans un coin de sa tête afin de comprendre son côté un peu “mystique” et “borderline”. Au delà de ça, ce n’est pas un livre de jurisprudence ni un livre informatif religieux donc son courant importe peu.
Je ne rentrerai pas dans le débat du soufisme mais il faut garder cette lecture comme un livre de développement personnel et non comme un véritable guide spirituel.

Deuxièmement, ce n’est pas le premier livre que je lis de cette auteure et c’est la 2eme fois que j’ai ce ressenti de “références” venant d’autres livres sans pour autant être mentionné. En l’occurrence, le livre “Ils se marièrent et eurent beaucoup de surprises” où j’ai retrouvé énormément de références du livres “les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus” de John Gray. C’était en gros les mêmes préceptes à la sauce islamique.
Et pour en revenir à celui-ci, PS: Retour à l’e-sens-ciel, reprend un peu le concept de PS:I love you de Cecelia Ahern pour celles qui connaissent. Pareil, les mêmes références mais à la sauce islamique.
Cela étant dit, je peux rentrer dans le vif du sujet.

Est-ce que je recommanderai ce livre? Oui.
Mais il y a un mais.

Ce livre est écrit sous la forme d’un roman autobiographique (histoire vraie ou inventée, je n’ai pas réussi malgré mes recherches à trouver la réponse).
Dès le départ, on rentre dans la vie du personnage principal et au bout de quelques pages parsemées de multiples proverbes et sagesses qui nous donnent envie de nous arrêter pour les écrire quelque part ou les partager avec autrui, on est happé par l’histoire un peu dramatique. L’auteure a même réussi à m’arracher quelques larmes tant la description était forte. Je ne dirai pas de quoi il s’agit même s’il est difficile de spoiler ce livre car c’est un cheminement et non une histoire à intrigues.

Moi qui suis d’habitude un peu critique des livres à “citations à tout va” genre le Petit prince, L’alchimiste, Gounelle et compagnie… j’ai été enchantée des sagesses qui ornent les pages, sans compter les multiples versets du Coran qui argumentent les vérités et les conseils donnés.
En plus d’un roman initiatique, l’auteure donne de nombreuses recommandations à faire soi-même, pour faire un état des lieux, un bilan, et même un schéma du futur soi que l’on aimerait devenir. Et le summum c’est vraiment de se dire que c’est un des seuls livres du genre où on a le plaisir de conserver les valeurs islamiques.

Donc vous me direz, que du bon là-dedans!

Mais pourquoi un bémol alors? C’est qu’au fur et à mesure de ma lecture, jai commencé à “m’essouffler”. C’était trop, mais trop de tout.
Une routine presque impossible à appliquer, un état d’esprit trop centré sur soi, et une personnalité trop éloignée de la mienne, ce qui finit par marquer une rupture et j’ai commencé à prendre de la distance.

J’ai quand même appliqué pas mal de conseils très intéressants à faire comme la roue de vie pour y voir plus clair sur nos priorités, notre frise chronologique pour examiner les points importants de notre vie ou encore la liste des 101 choses à faire avant de mourir, ect.. et c’est pour ça que je conseille cette lecture, car elle apporte son lot de recommandations très utiles à tout un chacun et je dirais même indispensables à un moment de la vie.

Je vais m’arrêter là parce que je viens de me rendre compte que j’en suis à 4 ou 5 paragraphes 😅
J’espère que j’aurai été assez précise pour celles qui attendaient mon retour.

Ça restera une lecture qui m’aura marqué et malgré les points négatifs, c’est pour moi la définition d’un grand livre.

JE SUIS MUSULMANE VOILÉE ET NON JE NE SAIS PAS FAIRE LE COUSCOUS! de Marie-Odette Maryam Pinheiro ★★★★★

Description:

C’est avec humour que Marie-Odette Maryam Pinheiro nous raconte sa vie et ses aventures de musulmane, voilée, au pays de la laïcité, qu’elle essaie de décoder. Elle nous prévient d’emblée : l’islam est un sujet sérieux alors elle va essayer de nous faire rire sur le sujet ! Les pieuses âmes sensibles pourraient aussi être choquées. En nous interpellant, elle nous invite à regarder le monde avec ses yeux de musulmane voilée afin de nous amener à comprendre ce qui peut être inhabituel pour certains. Elle nous explique notamment pourquoi elle s’est convertie à l’islam et pourquoi elle n’était vraiment pas prédisposée à se voiler. Elle nous parle aussi de lois, notamment de la loi d’attraction, des médias dont elle a fait l’expérience, de communautarisme, de polygamie…Elle nous montre qu’on peut être musulmane voilée et heureuse à la fois.Par le rire, elle offre un regard nouveau sur ces femmes différentes mais si semblables à la fois de leurs concitoyennes non musulmanes, non voilées.

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MON AVIS:

Ce livre pourrait aussi bien s’appeler « manuel de survie d’une femme voilée en France »

Sauf que l’auteure ne s’adresse pas à un public en particulier mais bien à tout le monde!

Que l’on soit voilée ou non, que l’on soit musulmane ou non, on apprend, on comprend ou on compatit.

On ressent dans ce récit le (possible?) conflit intérieur de l’auteure qui veut rester positive en toutes circonstances mais qui souhaite malgré tout dénoncer les terribles injustices qui font le quotidien des femmes voilées en France.

Oui le voile est devenu un handicap visible, et les anecdotes de ce livre dénoncent les préjugés qui envahissent les mentalités.

Une femme voilée qui sait lire? Réfléchir? Qui connaît la loi?? Et qui connait ses droits??

A non là c’est la goutte d’eau.

🎼Cache tes pouvoirs, n’en parle pas, fais attention le secret survivra… (comprendra qui pourra)

Si je dois avoir deux bémols, c’est que je regrette ne pas avoir eu plus d’anecdotes par rapport à la communauté portugaise, étant donné les origines de l’auteure que je partage, (mais pourquoi pas dans un autre livre?) et aussi la couverture, qui je pense ne valorise pas suffisamment la qualité de ce livre.

A première vue, on pense à un livre de cuisine et ça peut porter à confusion si on y appose pas un deuxième regard, mais on dira que ce livre est réservé à l’élite qui regarde au delà des apparences!

Bref, un livre à s’offrir et à offrir.

ILS CHERCHENT LE PARADIS ILS ONT TROUVÉ L’ENFER ★★★★★

Description:

Sophie et Philippe sont sous le choc : leur fille Adèle, 15 ans, a disparu. Nathalie et Bernard ont perdu Célia, 16 ans. Marie se bat pour qu’Iris ne parte pas. Samy fait tout pour sauver son frère. Nicole ne veut pas que son fils soit mort pour rien. Meriam veut récupérer son bébé kidnappé par son ex-mari. Un seul point commun à ces vies volées : avoir cru aux vidéos d’Abu Oumma. Ce livre raconte la descente aux enfers de « parents orphelins » qui s’unissent pour ramener de Syrie leurs enfants endoctrinés par des groupes « jihadistes ». Comment leurs filles, leurs fils, persuadés de partir « faire de l’humanitaire » en Syrie, ont-ils pu être manipulés à ce point ? Comment les aider à aimer la vie et à lutter contre les injustices sans rejeter le monde réel ?

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MON AVIS:

Un récit qui se base uniquement sur des faits réels, rien n’a été ajouté par l’auteure, et pourtant on a l’impression de lire un roman.

On suit l’histoire de Sophie et Philippe, parents d’Adele 15 ans, qui rencontreront par la suite d’autre parents « orphelins » terme utilisé pour identifier ces parents que les enfants ont abandonné volontairement.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est non seulement la véracité des faits, mais surtout l’objectivité de l’auteure.

Pas d’amalgames, pas de tapages sur l’islam en général.

On rappelle sans cesse dans le livre que ces groupes radicaux n’ont rien à voir avec l’islam, en démontant chaque argument avance par ces soi-disants « véridiques ».

Ce livre fait aussi la lumière sur beaucoup de choses:

-La différence entre Al Qaïda (Al Nosra) et l’EI.

-Le confit en Syrie et les différents groupes qui y contribuent.

-Les problèmes en France et l’impasse concernant la gérance de ces problèmes, que ce soit au départ ou même au retour.

-La responsabilité des gouvernements dans des situations qui pourraient être évitées.

– Les méthodes d’endoctrinement qui ne concernent pas seulement des ados à problème mais aussi des étudiants en médecine ou Sciences-Po.

Un livre que j’ai lu en une après-midi, car le suspense est bien présent, rien à voir avec un livre documentaire.

LETTRE AUX ESCROCS DE L’ISLAMOPHOBIE QUI FONT LE JEU DES RACISTES De Charb (Dessinateur de Charlie Hebdo, assassiné en 2015)

Description:

 » Non, vraiment, le terme islamophobie est mal choisi s’il doit désigner la haine que certains tarés ont des musulmans. Il n’a pas seulement mal choisi, il est dangereux.  »

 » Lutter contre le racisme, c’est lutter contre tous les racismes, alors lutter contre l’islamophobie, c’est lutter contre quoi ? Contre la critique d’une religion, ou contre la détestation des gens qui pratiquent cette religion parce qu’ils sont d’origines étrangères ?  »

Ainsi cet opuscule salutaire tente-t-il démontrer que le mot  » islamophobie  » contente à la fois les racistes, les islamistes radicaux et les journalistes fainéants.

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MON AVIS:

Eh oui, j’ai osé. J’avais connaissance depuis longtemps de l’existence de cet ouvrage mais je ne cacherai pas que j’avais jamais ressenti, ni l’envie, ni le besoin de le lire.

Mais récemment, je me suis demandé comment pourrait-on attendre des « autres » qu’ils ne s’arrêtent pas à la surface, qu’ils fassent leur propres recherches et leur propres jugements au lieu de se contenter de ce que les médias leur font gober, si on ne le fait pas nous-mêmes?

Alors voilà j’ai décidé de le lire avec un point de vue objectif.

Que voulait-il nous dire? Quelles étaient les réelles pensées de celui qui a défrayé la chronique et s’est fait haïr au point de se faire tuer?

Haïssait-il réellement les musulmans? Les caricatures servaient-elles seulement à ridiculiser l’Islam et humilier les croyants?

En fait c’est ce que je pensais.

Mais à la lecture de ce livre, j’en suis moins sûre.

Bien entendu, je ne suis toujours pas Charlie et je ne soutiendrai jamais leur cause, ni pardonnerai leur blasphème caricatural.

Mais que peut-on réellement attendre d’une personne qui n’adhère pas à nos croyances?

Ce que je voulais savoir, c’était ce à quoi il faisait allusion quand il disait que le terme islamophobie était erroné.

Et certaines lignes sont assez pertinentes, car il vrai qu’en France, c’est surtout et encore les étrangers qui sont diabolisés, non pas l’Islam.

Pour faire court, les gens détestent l’Islam car il a été apporté par des étrangers (majoritairement d’origine maghrébine) et non pas le contraire.

La preuve, les gens ne pensent qu’a l’Afrique du Nord quand on parle d’Islam.

Alors que ces pays sont minoritaires!

Dans ce livre, Charb accuse clairement les médias d’avoir créé et ensuite alimenté ces amalgames en augmentant un racisme déjà existant, caché sous la couverture de haine de l’Islam.

La populace a appris à détester l’Islam car ils détestaient déjà les arabes.

Et moins on les voyait, mieux c’était.

Mais maintenant qu’on les voit sortir de partout, avec leur voiles sur la tête, leur burka et leur qamis, c’est un rappel constant qu’ils sont là! Et partout! Et les médias qui en rajoutent une couche « Envahissement » « Europe musulmane » « Attentats islamistes » et toujours les mêmes sur le devant de l’affiche, des maghrébins.

Il suffit de regarder la situation similaire aux États-Unis. C’est le racisme anti-noir qui domine, et pourtant la majorité n’a rien à voir avec l’Islam.

Ce n’est pas une question de religion car en vrai les gens s’en foutent de savoir comment et qui vous priez. Mais ce qu’ils regardent c’est la tête de celui qui prie et ça c’est une réalité.

En définitive, je ne dirais pas que je suis d’accord avec tout ce qu’il dit mais il a marqué un point. Et encore une chose, j’étais étonnée de connaître les messages que « lui » voulait faire passer au travers de ses caricatures, messages complètement déformés par les médias.