LES FÊLURES de Barbara Abel ★★★☆☆

Résumé:

Qui est le véritable meurtrier d’un être qui se suicide ?
Lui, sans doute.
Et puis tous les autres, aussi.

Quand Roxane ouvre les yeux, elle sait que les choses ne se sont pas passées comme prévu.

Martin et elle formaient un couple fusionnel. Et puis, un matin, on les a retrouvés dans leur lit, suicidés. Si Roxane s’est réveillée, Martin, lui, n’a pas eu sa chance… ou sa malchance. Comment expliquer la folie de leur geste ? Comment justifier la terrible décision qu’ils ont prise ?
Roxane va devoir s’expliquer devant ses proches, ceux de Martin, et bientôt devant la police, car ce suicide en partie raté ne serait-il pas en réalité un meurtre parfait ? Que savons-nous réellement de ce qui se passe au sein d’un couple ? Au sein d’une famille ? Que savons-nous des fêlures de chacun ?

——————————————————————
Mon avis:

Si vous ne le savez pas déjà, je suis une inconditionnelle fan de cette auteure, j’ai (presque) lu toute sa bibliographie et je ne peux pas dire que celui-ci soit son meilleur, de loin.
Depuis sa sortie cette année, je l’avais dans ma pal mais ma fille me l’avait offert en version papier du coup je voulais vraiment attendre d’avoir l’occasion d’en profiter pleinement (Aka les vacances 😅).

J’avoue que le sujet de base ne n’emballait pas trop du coup ça parlera sûrement plus à ceux/celles qui se sentent concernés de près ou de loin.

MALGRÉ TOUT, l’auteure a le talent de captiver et tenir ses lecteurs en haleine jusqu’au bout!

Alors oui ce n’est pas le thriller de l’année mais on approche un peu la psychologie de la dépression et surtout de la conséquence de fractures/fêlures qui viennent de l’enfance pour la plupart et qui des fois sont irréparables.
Ces adultes profondément blessés à l’intérieur mais qui vivent autour de nous sans laisser transparaître leur gène ou leur malaise.

Un sujet assez profond et une fin bouleversante je dirais.

LE MARIAGE PARFAIT de Jeneva Rose ★★★★★

Description:

À trente-trois ans, Sarah Morgan est la meilleure avocate pénaliste de Washington DC et elle ne pourrait rêver d’une vie plus heureuse.
Adam, son mari, n’en est pas au même point. Sa carrière d’écrivain patine et sa relation avec Sarah, qui ne lui consacre que peu de temps, ne lui suffit plus.
Leur résidence secondaire devient alors pour Adam le refuge où s’épanouit sa liaison passionnée avec Kelly Summers. Mais un matin, tout bascule. Adam est arrêté pour le meurtre de Kelly, qui a été retrouvée poignardée dans la maison.
Sarah décide alors, à la surprise générale, d’assumer son cas le plus difficile à ce jour : défendre son propre mari, un homme accusé du meurtre de sa maîtresse !


Mon avis:

Quelle pépite!
Que c’est bien écrit! Sans fioritures ni longueurs et malgré tout de belles descriptions, des personnages bien marqués et attachants.

Que de retournements et un vrai « plot twist » final!
J’avais un doute qui me taraudait depuis le début mais l’auteure a eu le talent de m’emmener ailleurs, on suit ses indices au gré de la lecture, qui quoi comment pourquoi?? Jusqu’à la fin nous restons dans l’expectative.

Mais je suis choquée de la facilité avec laquelle je suis rentrée dans l’histoire. C’est tellement bien écrit que l’on vit réellement ce que l’on lit.

Je ne vous parlerai pas plus des personnages au risque de spoiler mais la personne qui m’a le plus énervé, c’est Eleanor! Le genre de belle-mère qui transformerait Cendrillon en serial killer.

Bref, j’ai dévoré ce livre littéralement, en à peine 1 journée, après avoir clôturé hier la lecture du mois sans regret 😅

Donc un conseil, si vous avez des choses à faire ou un planning à respecter, ne commencez pas ce livre!!

CELLE QUI CRIAIT AU LOUP de Delphine Saada ★★★★☆

Description:

« Quand les filles parlent d’elle, tout bas, entre deux portes, elles disent qu’elle est fière et hautaine, aussi belle qu’une lumière froide. On a rien contre elle, qui peut avoir un truc contre Albane, elle est parfaite ? Faut juste reconnaître que c’est pas normal de passer autant d’années à travailler avec une personne sans rien savoir d’elle. »

Albane est une infirmière modèle, respectée et appréciée de ses collègues, qui pourtant ne savent rien d’elle. Après des journées éreintantes dans son service, elle s’occupe de ses deux enfants jusqu’au retour de leur père. Elle le fait parce qu’il le faut, sans plaisir. Depuis peu, quelque chose la déstabilise et la dérange chez sa fille de six ans. Albane développe un comportement inquiétant envers Emma, au point d’alerter son mari qui ne lui laisse pas le choix…

__________________________________________

Mon avis

Je ne m’attendais pas à ça du tout!

Premier chapitre, premier malaise. Un de ces sentiments d’effroi qui vous parcourt l’échine et qui vous questionne « non elle n’a pas fait ça quand même… »

Et puis on repart en arrière pour comprendre.

Un ascenseur émotionnel.

Au début on juge, surtout en tant que mère, un sentiment de colère et d’injustice m’a envahit à plusieurs reprises.

On se prend à détester cette Albane parfaite sous tous rapports, si froide, si insensible, on se demande ce qui l’a rendu cruelle.

Mais ayant été confronté de près à ce genre de problèmes, je me doutais qu’il s’agissait de la conséquence de quelque chose de plus grave.

Surtout que l’auteure balance des petites phrases et circonstances qui marquent le chemin tel des petits cailloux pour nous emmener vers la résolution finale.

Il sera difficile de parler de la suite sans spoiler mais c’est un livre que j’ai vraiment apprécié même si la fin m’a laissé perplexe.

En ce qui concerne l’écriture c’est fluide et très bien écrit, on se laisse emporter facilement dans l’histoire.

Je me suis un peu renseignée et c’est le premier livre de cette auteure, qui est d’ailleurs elle-même médecin.

Et petite anecdote, le médecin quelle cite « Dr Hervé Rudowski » est notre médecin de famille depuis 30 ans, il exerce toujours à Paris d’ailleurs 😀 mais par contre elle le décrit comme gynécologue (certainement pour coller avec son récit) mais en fait il est médecin généraliste, et d’ailleurs le meilleur que j’ai connu.

Bref, pour en revenir à ce livre, je l’ai dévoré rapidement et je l’ai terminé avec une larme, triste de quitter Albane comme si je quittais une amie…

MAX de Sarah Cohen-Scali★★★★★

Description:

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.


Mon avis:

Ce livre m’inspire une expression: « l’innocence des bourreaux »
Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à me faire à cette voix intérieure, la voix de Max, ce bébé que l’on verra grandir et que l’on connaîtra jusqu’au bout des ongles. Ses pensées, ses aspirations, mais aussi ses émotions.
Après la petite gêne de départ, je m’y suis vite habituée et j’y ai même pris goût à ce petit bonhomme qui raconte tout ce qu’il pense mais aussi et surtout tout ce qu’il voit ce qu’il entend et ce qui se passe autour de lui. C’est sans filtre!
Ce que j’ai trouvé incroyable dans ce livre c’est les différentes émotions que nous procurent les personnages mais aussi l’histoire, on commence avec une sorte de fascination, une admiration pour cette sorte de grandeur, d’organisation parfaite et quasi surnaturelle, et puis la claque, l’auteure nous rappelle pourquoi on hait les nazis, pourquoi quel que soit l’efficacité de leur méthode, leur cruauté est sans pareille et leur propagande ridicule.
Malgré cela, l’auteure arrive tout de même à nous faire passer un message, il y avait du bon et du mauvais partout, beaucoup ont subi, d’autres ont suivi. Chacun avec ses propres raisons et convictions.

Mais des romans sur le nazisme il y en a une belle pelleté. Pourtant ce livre ne ressemble à aucun autre.
Car ce livre c’est aussi une grand histoire de fratrie et d’amitié.

Je ne spoilerai pas plus mais je finirais juste par dire que… je suis triste de quitter Max.

LES ENFANTS DU SILENCE de Gong Ji-Young

Description:


Il faut avant tout savoir que les événements racontés dans ce roman sont vrais. Ils ont réellement eu lieu.

Lorsque Inho arrive dans cette petite ville coréenne noyée dans le brouillard, il a un mauvais pressentiment. Il vient d’être nommé professeur dans une école privée et rien ne le destinait au combat qu’il va devoir y mener pour faire éclater la vérité. Ce que découvre rapidement Inho, c’est que les élèves de cette institution sont victimes de sévices et d’abus sexuels depuis plusieurs années, avec la complicité de membres de la police et des autorités locales. Ces enfants sont d’autant plus réduits au silence qu’ils sont atteints de surdité.
Face à la puissance et au mépris de ceux qui détiennent le pouvoir, la solidarité, le courage, l’obstination seront-ils suffisants pour que justice soit rendue ?

Gong Ji-young est une écrivaine profondément convaincue que les livres peuvent changer le monde. Et parfois en effet ils y arrivent. Ce roman poignant a provoqué un séisme dans la société coréenne et une nouvelle loi a été votée, qui durcit les peines pour les auteurs d’agressions sexuelles sur les mineurs et les handicapés. »


Mon avis:

Un livre, pourtant pas si épais, que j’ai mis beaucoup de temps à terminer. J’ai fait plusieurs pauses, j’ai même failli arrêter la lecture tellement cela devenait dérangeant.
Pourtant on connaît l’histoire, on sait où l’on met les pieds mais malgré tout on a du mal à s’y faire.

On a aussi du mal à se dire que c’est réellement arrivé et on souhaiterait tellement que cela soit une fiction. Ça rendrait le monde moins moche et terrifiant.
Car oui, on rencontre dans ce livre toute la bassesse de l’être humain. Elle nous dégoûte, nous prend aux tripes et pourtant cela arrive tous les jours, encore aujourd’hui et autour de nous.

Je ne spoilerai pas la fin donc je vous laisse découvrir le dénouement de l’affaire mais je vais finir ce commentaire en citant les mots de l’auteure, elle-même, tirés de ses remerciements.

“Alors que je ne connaissais rien aux sourds, j’ai eu l’impression d’entendre leurs cris de douleur. J’ai eu mal, comme si on enfonçait des épines dans ma chair. Je n’arrivais plus à avancer dans le roman que j’étais en train d’écrire.
Quand je repense aux yeux brillants des enfants sourds qui m’ont fait suffisamment confiance pour me raconter toute leur histoire alors qu’on se voyait pour la première fois, j’en ai les larmes aux yeux. Quand je songe à toutes les personnes qui se sont dévouées pour venir en aide à ces enfants, j’ai presque honte de me plaindre de temps à autre que la vie est vide de sens. Dire que j’ai failli ne pas savoir que tant d’anges vivaient ici-bas !
Malgré tout, j’ai été très heureuse de réaliser ce travail. J’ai éprouvé autant de douleurs et de joies à le faire que lorsque j’ai commencé ma carrière de romancière.
La vie et la réalité vont toujours bien au-delà de notre imagination, et ce dans le drame comme dans le merveilleux. ”