CELLE QUI CRIAIT AU LOUP de Delphine Saada ★★★★☆

Description:

« Quand les filles parlent d’elle, tout bas, entre deux portes, elles disent qu’elle est fière et hautaine, aussi belle qu’une lumière froide. On a rien contre elle, qui peut avoir un truc contre Albane, elle est parfaite ? Faut juste reconnaître que c’est pas normal de passer autant d’années à travailler avec une personne sans rien savoir d’elle. »

Albane est une infirmière modèle, respectée et appréciée de ses collègues, qui pourtant ne savent rien d’elle. Après des journées éreintantes dans son service, elle s’occupe de ses deux enfants jusqu’au retour de leur père. Elle le fait parce qu’il le faut, sans plaisir. Depuis peu, quelque chose la déstabilise et la dérange chez sa fille de six ans. Albane développe un comportement inquiétant envers Emma, au point d’alerter son mari qui ne lui laisse pas le choix…

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Mon avis

Je ne m’attendais pas à ça du tout!

Premier chapitre, premier malaise. Un de ces sentiments d’effroi qui vous parcourt l’échine et qui vous questionne « non elle n’a pas fait ça quand même… »

Et puis on repart en arrière pour comprendre.

Un ascenseur émotionnel.

Au début on juge, surtout en tant que mère, un sentiment de colère et d’injustice m’a envahit à plusieurs reprises.

On se prend à détester cette Albane parfaite sous tous rapports, si froide, si insensible, on se demande ce qui l’a rendu cruelle.

Mais ayant été confronté de près à ce genre de problèmes, je me doutais qu’il s’agissait de la conséquence de quelque chose de plus grave.

Surtout que l’auteure balance des petites phrases et circonstances qui marquent le chemin tel des petits cailloux pour nous emmener vers la résolution finale.

Il sera difficile de parler de la suite sans spoiler mais c’est un livre que j’ai vraiment apprécié même si la fin m’a laissé perplexe.

En ce qui concerne l’écriture c’est fluide et très bien écrit, on se laisse emporter facilement dans l’histoire.

Je me suis un peu renseignée et c’est le premier livre de cette auteure, qui est d’ailleurs elle-même médecin.

Et petite anecdote, le médecin quelle cite « Dr Hervé Rudowski » est notre médecin de famille depuis 30 ans, il exerce toujours à Paris d’ailleurs 😀 mais par contre elle le décrit comme gynécologue (certainement pour coller avec son récit) mais en fait il est médecin généraliste, et d’ailleurs le meilleur que j’ai connu.

Bref, pour en revenir à ce livre, je l’ai dévoré rapidement et je l’ai terminé avec une larme, triste de quitter Albane comme si je quittais une amie…

ET QUE NE DURENT QUE LES MOMENTS DOUX de Virginie Grimaldi★★★★☆

Description:

L’une vient de donner naissance à une petite fille arrivée trop tôt. Elle est minuscule, pourtant elle prend déjà tellement de place.
L’autre vient de voir ses grands enfants quitter le nid. Son fils laisse un vide immense, mais aussi son chien farfelu.
L’une doit apprendre à être mère à temps plein, l’autre doit apprendre à être mère à la retraite.

C’est l’histoire universelle de ces moments qui font basculer la vie, de ces vagues d’émotions qui balaient tout sur leur passage, et de ces rencontres indélébiles qui changent un destin.


Mon avis:

Déjà je commencerai par dire que ce n’est pas généralement mon type de lecture.

C’est un genre de « feel good », une lecture à prendre pour un week-end à la campagne ou au coin du feu 🔥
Ce n’est pas la lecture de l’année, pour autant j’ai apprécié ces « doux » moments passés avec les personnages.
Je cherchais un lien depuis le départ entre les personnages mais malgré toutes mes hypothèses je suis pas tombée sur la bonne alors c’est plutôt bien joué 😅

J’ai bien aimé aussi les échanges par sms entre la maman et ses grands enfants qui ont quitté le nid, j’avoue qu’ayant une fille de 18 ans ça m’a fait sourire même si le côté un peu vieillot de la maman était un peu surfait.

Au final, j’ai trouvé que de mettre en parallèle ces 2 situations était très pertinente ( se retrouver seule avec soi-même et de l’autre côté, ne plus être seule avec un petit être dont on doit s’occuper en permanence)

C’était ma 3ème lecture de cette auteure et j’avoue que j’aime bien son style même si je ne suis pas fan au point de me jeter sur sa collection.
Mais je comprend pourquoi ses livres se vendent si bien, parce qu’elle écrit sur des thèmes très différents mais qui parlent à tout le monde.

MAX de Sarah Cohen-Scali★★★★★

Description:

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.


Mon avis:

Ce livre m’inspire une expression: « l’innocence des bourreaux »
Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à me faire à cette voix intérieure, la voix de Max, ce bébé que l’on verra grandir et que l’on connaîtra jusqu’au bout des ongles. Ses pensées, ses aspirations, mais aussi ses émotions.
Après la petite gêne de départ, je m’y suis vite habituée et j’y ai même pris goût à ce petit bonhomme qui raconte tout ce qu’il pense mais aussi et surtout tout ce qu’il voit ce qu’il entend et ce qui se passe autour de lui. C’est sans filtre!
Ce que j’ai trouvé incroyable dans ce livre c’est les différentes émotions que nous procurent les personnages mais aussi l’histoire, on commence avec une sorte de fascination, une admiration pour cette sorte de grandeur, d’organisation parfaite et quasi surnaturelle, et puis la claque, l’auteure nous rappelle pourquoi on hait les nazis, pourquoi quel que soit l’efficacité de leur méthode, leur cruauté est sans pareille et leur propagande ridicule.
Malgré cela, l’auteure arrive tout de même à nous faire passer un message, il y avait du bon et du mauvais partout, beaucoup ont subi, d’autres ont suivi. Chacun avec ses propres raisons et convictions.

Mais des romans sur le nazisme il y en a une belle pelleté. Pourtant ce livre ne ressemble à aucun autre.
Car ce livre c’est aussi une grand histoire de fratrie et d’amitié.

Je ne spoilerai pas plus mais je finirais juste par dire que… je suis triste de quitter Max.

LES ENFANTS DU SILENCE de Gong Ji-Young

Description:


Il faut avant tout savoir que les événements racontés dans ce roman sont vrais. Ils ont réellement eu lieu.

Lorsque Inho arrive dans cette petite ville coréenne noyée dans le brouillard, il a un mauvais pressentiment. Il vient d’être nommé professeur dans une école privée et rien ne le destinait au combat qu’il va devoir y mener pour faire éclater la vérité. Ce que découvre rapidement Inho, c’est que les élèves de cette institution sont victimes de sévices et d’abus sexuels depuis plusieurs années, avec la complicité de membres de la police et des autorités locales. Ces enfants sont d’autant plus réduits au silence qu’ils sont atteints de surdité.
Face à la puissance et au mépris de ceux qui détiennent le pouvoir, la solidarité, le courage, l’obstination seront-ils suffisants pour que justice soit rendue ?

Gong Ji-young est une écrivaine profondément convaincue que les livres peuvent changer le monde. Et parfois en effet ils y arrivent. Ce roman poignant a provoqué un séisme dans la société coréenne et une nouvelle loi a été votée, qui durcit les peines pour les auteurs d’agressions sexuelles sur les mineurs et les handicapés. »


Mon avis:

Un livre, pourtant pas si épais, que j’ai mis beaucoup de temps à terminer. J’ai fait plusieurs pauses, j’ai même failli arrêter la lecture tellement cela devenait dérangeant.
Pourtant on connaît l’histoire, on sait où l’on met les pieds mais malgré tout on a du mal à s’y faire.

On a aussi du mal à se dire que c’est réellement arrivé et on souhaiterait tellement que cela soit une fiction. Ça rendrait le monde moins moche et terrifiant.
Car oui, on rencontre dans ce livre toute la bassesse de l’être humain. Elle nous dégoûte, nous prend aux tripes et pourtant cela arrive tous les jours, encore aujourd’hui et autour de nous.

Je ne spoilerai pas la fin donc je vous laisse découvrir le dénouement de l’affaire mais je vais finir ce commentaire en citant les mots de l’auteure, elle-même, tirés de ses remerciements.

“Alors que je ne connaissais rien aux sourds, j’ai eu l’impression d’entendre leurs cris de douleur. J’ai eu mal, comme si on enfonçait des épines dans ma chair. Je n’arrivais plus à avancer dans le roman que j’étais en train d’écrire.
Quand je repense aux yeux brillants des enfants sourds qui m’ont fait suffisamment confiance pour me raconter toute leur histoire alors qu’on se voyait pour la première fois, j’en ai les larmes aux yeux. Quand je songe à toutes les personnes qui se sont dévouées pour venir en aide à ces enfants, j’ai presque honte de me plaindre de temps à autre que la vie est vide de sens. Dire que j’ai failli ne pas savoir que tant d’anges vivaient ici-bas !
Malgré tout, j’ai été très heureuse de réaliser ce travail. J’ai éprouvé autant de douleurs et de joies à le faire que lorsque j’ai commencé ma carrière de romancière.
La vie et la réalité vont toujours bien au-delà de notre imagination, et ce dans le drame comme dans le merveilleux. ”

RESTE AVEC MOI de Ayòbámi Adébáyò★★★☆☆

Description:

Avec pour toile de fond les bouleversements politiques du Nigeria des années 1980, le portrait inoubliable d’une femme qui fait le choix de la liberté… envers et contre tout.

Yejide et Akin vivent une merveilleuse histoire d’amour. De leur coup de foudre l’universit d’If, jusqu’ leur mariage, tout s’est enchan. Pourtant, quatre ans plus tard, Yejide n’est toujours pas enceinte. Ils pourraient se contenter de leur amour si Akin, en tant que fils an, n’tait tenu d’offrir un hritier ses parents. Yejide consulte tous les spcialistes, mdecins et sorciers, avale tous les mdicaments et potions tranges… Jusqu’au jour o une jeune femme apparat sur le pas de sa porte. La seconde pouse d’Akin. Celle qui lui offrira l’enfant tant dsir. Bouleverse, folle de jalousie, Yejide sait que la seule faon de sauver son mariage est d’avoir un enfant. Commence alors une longue et douloureuse qute de maternit qui exigera d’elle des sacrifices inimaginables.


Mon avis:
Je suis un peu sortie des sentiers battus avec ce livre.
Avant toute chose, c’est un roman choral, donc à deux voix en l’occurrence, celui de Yejide d’une part et de son mari d’autre part.
On ne se perd pas dans le récit car on comprend dès les premières lignes qui parle. De plus, l’histoire se suit, et non se répète comme dans certains romans où le même moment est vécu par plusieurs points de vue.

Que dire de ce roman à part que j’ai ressenti des émotions très différentes à la lecture. J’ai eu d’abord de la pitié, ensuite de la tristesse, de la colère, un sentiment de malaise, du dégoût… enfin c’est très controversé.
Je me suis mise à la place de la femme comme n’importe quelle femme le ferait je suppose, mais j’ai fini par me séparer du personnage car elle suit un chemin bien trop éloigné de mes principes.
A des moments, je ne la comprenais pas du tout, mais cela m’est déjà arrivé avec des personnages forts, des caractères intenses qui ne vous laissent pas indifférents, soit vous les aimez, soit vous les détestez. Et j’avoue que ça n’a pas été le premier choix.
Toutefois, une de ses citations m’a fait réfléchir car oui, on ne peut juger tant qu’on a pas vécu la même chose.

“Avant d’accuser l’escargot d’être lent, attachez votre maison sur votre dos et portez-la pendant une semaine”

Ce que j’ai apprécié, c’est le regard qu’a ce roman sur le poids des cultures et des traditions, ses croyances parfois tellement irréalistes et pourtant si ancrées dans certaines générations. La difficulté de vivre avec ces personnes pour qui tout est une histoire de mauvais esprits, de rituels et de marabouts. J’ai apprécié aussi de connaître le point de vue du mari, l’auteur nous fait passer de l’autre côté pour comprendre tel ou tel choix, car il y a des rebondissements dans cette historie évidemment.

Ce que je n’ai pas aimé, c’est le côté malsain qui est pesant, les détails un peu trop crus de certaines scènes qui peuvent mettre mal à l’aise.

Beaucoup de tristesse et de désespoir dans cette histoire.
Je me sens reconnaissante d’être croyante car c’est l’absence de foi qui pousse les gens dans leur retranchements et leur fait commettre des actes irréparables.